Historique

Historique des marchés bruxellois sur le territoire de la Ville de Bruxelles

Source : Où est le temps ? 1000 ans de Bruxellois et de leurs commerçants.1978.

Les Bruxellois faisaient leurs achats d’abord au domicile des artisans. A partir de 1174, et peut-être avant, il y avait cependant deux marchés : l’un dans la ville haute, l’autre dans la ville basse. Le premier se trouvait dans le voisinage de la Vieille-Halle au Blé, à côté de l’actuelle place Saint-Jean. L’autre était proche de l’église Saint-Nicolas, nommé après le patron des commerçants ; c’est le ‘nedermerct », l’actuelle Grand-Place. La cloche de l’Eglise Saint-Nicolas annonçait l’ouverture du marché. En 1452, le duc de Bourgogne Philippe le Bon autorisa les bruxellois à tenir un marché hebdomadaire devant l’Hôtel de Ville. On se trouvait là tout près de l’endroit où les marchandises étaient amenées par bateau sur la Senne et déchargées dans le voisinage de l’actuelle rue des Halles. A partir de 1291, on y trouvait une grue en bois pour retirer les cargaisons des bateaux.

Très tôt, des halles se sont élevées en divers endroits de la ville. A l’origine, il s’agissait de baraquements en bois, mais comme ils étaient une proie trop facile pour les flammes, on les remplaça par des bâtiments en pierre.

Les Bruxellois pouvaient y acheter de la viande, du grain, du pain. C’est ainsi que l’actuelle Maison du Roi à la Grand-Place était une halle au pain et qu’il y avait une boucherie juste derrière, vers le Marché aux Herbes.

Si on avait besoin de poisson, il fallait se rendre entre la petite Rue de Bouchers et la Rue de la Montagne, où il avait un marché aux poissons depuis 1289.

On trouve au XVIème siècle un « OUDE MERCT ». En 1640 : un marché de vieilleries s’ouvre le mardi et jeudi. Le marché actuel de la Place du Jeu de Balle est le descendant de celui qui se trouvait autrefois place Anneessens : c’est le « Vieux Marché » ou Den â mêt, Den Neuwen â mêt.

Le tracé de la place du « Jeu de Balle » fut décidé en 1854; elle portait le nom de « Renard » car elle jouxtait la rue du Renard, existant déjà au XVème siècle. En 1873, les brocanteurs prirent officiellement possession de la place.

Depuis 1919, ils animent ce marché tous les jours!

 

Marché aux abats

Avait lieu rue aux Suifs, au milieu du 19e siècle. Un marché à la volaille et un marché aux peaux s’y étaient tenus (emplacement approximatif de l’actuelle rue Grétry).

Marché bas (ou Nedermerct)

Première appellation écrite de la Grand-Place, en l’an 1174.

Marché de Bavière

Marché établi en 1704 sur la Place de Bavière. On y vendait des légumes, des œufs et du fromage, à côté du bâtiment de la “Boucherie” construit par la ville. Ce marché périclita vers 1850.

Marché aux Bestiaux

(Ou au Bétail ou aux Bêtes ; en flamand Veemarkt) : le plus ancien Veemarkt est cité en 1284 et en 1321 ; et déjà on l’appelait Oude (vieux) ; il se trouvait retro scolas et ante murum, derrière les écoles de Sainte-Gudule et devant le mur d’enceinte, c’est-à-dire à l’emplacement actuel de la rue de la Chancellerie.
Le deuxième fut établi vers 1300 là où se trouvent aujourd’hui la place de Louvain et la Montagne de l’Oratoire. En 1563, on l’appelait déjà Oude Veemarkt. La place de Louvain s’est d’ailleurs nommée pendant deux siècles vieux Marché au Bétail.
Le troisième fut installé vers 1560 sur un fossé de la première enceinte, encore inoccupé, devant le couvent de Jéricho, près de la rue de Flandre. On l’appela Nieuwe Veemarkt. Mais moins de cent ans plus tard cet endroit devint le grand marché aux grains. Il est aujourd’hui le vieux Marché aux Grains.
Il y eut aussi un marché aux bestiaux au 17e siècle à l’emplacement du Théâtre flamand ; il fut transféré vers 1780 au pied du rempart, entre la rue de Laeken et la Senne (actuelle rue des Commerçants, qui n’était encore qu’un glacis). En 1825 il s’élargit grâce au nivellement des remparts et ce tronçon du boulevard extérieur garda le nom de Marché aux Bêtes jusqu’en 1841, lorsqu’il fut transféré à l’Abattoir construit près de la porte de Ninove.

Marché au Beurre

Depuis le Moyen Âge ce marché encombrait les entours de l’église Saint-Nicolas (grande et petite rue au Beurre, rue au lait). Lorsque le couvent des Récollets fut démoli sur ordre des autorités françaises (1796), les marchands de beurre durent installer leurs étals à l’emplacement de l’église rasée (moitié antérieure de la Bourse actuelle). La ville y planta en 1812 des arbres pour l’ombrager et l’entoura d’une galerie couverte. Cette place du marché au Beurre, dite aussi place des Récollets, disparut en 1869.

Marché aux Bœufs (Ossemerct)

Un marché aux Bœufs s’est tenu, pendant quelques années, au milieu du 17e siècle, le long de la première enceinte, au Fossé aux Loups près du couvent des Augustins (place de Brouckère).

Marché au Bois (Rue du)

La rue du Marché au Bois était plutôt une longue place trapézoïdale, dont la petite base s’articulait sur les rues des Paroisiens et de Loxum, et dont la grande base était formée par un prolongement de la rue de la Putterie, touchant les rues de l’Impératrice et des Finances. Elle a été absorbée par la gare centrale et la nouvelle rue Cantersteen. C’est là que durant cinq siècles les Bruxellois vinrent s’approvisionner en bois de chauffage.

Marché au Charbon

(Rue du) Existe encore et n’a pas changé de nom depuis 6 siècles.

Marché aux Chevaux

Ce nom était autrefois celui de la place du Grand Sablon. Le forum equorum (ainsi cité dès 1321) ou Peerdemerct du sablon fut durant plus de quatre siècles le plus important marché aux chevaux du Brabant. Au 18e siècle, les aristocrates qui avaient leur hôtels au sablon “s’offusquèrent du bruit et de la trivialité de ce marché” (qui pourtant n’avait lieu que le vendredi) Il firent en sorte que le marché fût transféré, en 1754, près de la Porte de Laeken.’est au Peerdemerct que le Duc d’Albe faisait décapiter les hérétiques.

Marché aux Chiens

À la fin du 19e siècle se tenait le dimanche matin, sur la partie haute de la Grand-Place, un marché aux chiens très achalandé.
Marché aux Chiffons

Un plan de 1829 nomme ainsi le Vieux Marché qui était place Anneessens.

Marché aux Cochons

Au 19e siècle, on a remplacé les cochons par des porcs.

Marchés couverts

Au milieu du 19e siècle est née la vogue des grands marchés couverts. On construisit alors le Marché de la Madeleine, rue Duquesnoy (devenu plus tard salle de bals) ; celui des Bas-Fonds (Marché du Parc) ayant deux ailes de part et d’autre des escaliers de la place du Congrès ; les Halles centrales ; celui du quartier Léopold (en contre-bas de la rue de la Loi, chaussée d’Etterbeek) sans compter ceux de Schaerbeek, Saint-Josse, Ixelles, et Saint-Gilles, qui ne vécurent pas plus d’un demi-siècle.

Marché à la Ferraille

L’ancien Vieux Marché (place Anneessens) était souvent appelé Marché à la Ferraille au début du 19e siècle.

Marché aux Fleurs

Le commerce des fleurs ne date que de la période autrichienne, un marché aux fleurs s’organisait alors dans la cour de l’ancien hôtel du Faucon ; on y accédait par deux couloirs, partant de la rue de la Montagne et de la rue Saint-Hubert. Le théâtre du Vaudeville fut construit à cet endroit. En 1847, le marché aux fleurs se tint à l’intérieur des Galeries Saint-Hubert nouvellement créées ; mais les emplacements y étaient coûteux et trop petits : il émigra bientôt à la place de la Monnaie. Pas pour longtemps, car les autorités communales décidèrent qu’il ornerait la Grand-Place à partir du 1er janvier 1850. Ce qu’il fit.

Marché aux fourrages

Se tenait dès le 15e siècle au Marché aux Chevaux, dans le bas de la place du Sablon (rue de la Paille). Il subsista après le départ de ce marché (1754), mais périclité peu à peu. En 1845, une société civile voulut établir un marché aux fourrages (couvert) au bout de la rue de Terre-neuve, nouvellement prolongée jusqu’au boulevard du Midi. Mais ce projet fut finalement rejeté par la ville, qui fit bâtir à cet endroit la grande école n°6.

Marché de la Fraternité (Place du)

Nom donné par les Français à la place de Bavière (actuellement place de Dinant).

Marché au Gibier

Une ordonnance de l’an 1360 fixe les prix maxima des lapins, perdrix et pluviers qu’on pouvait vendre au marché au gibier établi sur l’ancien cimetière de l’église Saint-Nicolas. Plus tard, lorsque ce marché fut autorisé à vendre aussi des poulets, on l’appela plus communément Marché aux Poulets.
Un autre marché au gibier a existé au bout de la rue de Laeken, par décision du 30 floréal an XI (1803).

Marché aux Grains

Au milieu du 17e siècle, un marché aux grains remplaça l’ancien marché aux bestiaux du fossé de la première enceinte longeant le couvent de Jéricho (actuelle place du vieux Marché aux Grains). Il fut remplacé en 1785 par celui qui occupa la belle place quadrangulaire, ornée d’arbres, qui a reçu le nom de nouveau Marché aux Grains.

Marché aux Herbes

Ce tronçon du principal axe routier et commercial de la ville ancienne (appelé jadis simplement De Steenwegh) a évidemment été le décor de toutes sortes de marchés publics (voir notamment Marché aux souliers, Marché à l’Orge, Marché aux Tripes, Marché au Poisson et Marché à la Viande).

Marché aux Laines

Certains auteurs ont mentionné un marché aux Laines qui se serait tenu au début du 18e siècle à la rue du Lombard, ancienne rue des Foulons, que le peuple continuait à appeler Vollestroet (corruption de Voldersstraat). Volle a souvent été traduit, au 18e siècle, par laine (wolle) mais rien ne prouve que cette fausse “rue aux Laines” ait réellement abrité un marché aux laines. La laine brute était généralement vendue à la grande Boucherie par les éleveurs de moutons.

Marché au Lait

Aux 13e et 14e siècles, le lait se vendait au marché au Beurre, entre la Grand-Place et le couvent des Récollets. Plus tard on assigna aux marchands de lait un emplacement le long du Coperbeke, à un endroit dit Op de Beke (actuelle rue Marché-aux-Poulets).

Marché aux Lapins

S’est tenu à la Place de la Monnaie jusqu’en 1766. Cette place étant trop souvent obstruée, il fut transféré au bout de la rue de Laeken.

Marché aux Légumes

Le plus important de ces marchés fut celui de la Grand-Place, qui eut lieu chaque matin depuis les origines jusqu’au 19 novembre 1959, date où il fut transféré aux boulevard d’Ypres et de Dixmude.
Il y eut aussi des marchés aux légumes, non seulement au Marché aux Herbes, mais aussi au Sablon, à la Chapelle, à la place Anneessens, à la place des Martyrs, au Marché du Parc.
Marché aux Loques ou Voddemet

Nom populaire du Vieux Marché. Il y eut aussi un marché aux loques, à la fin du 18e siècle, à l’emplacement du cimetière de la Chapelle, désaffecté depuis 1750.

Marché à la Livre

Marché de grain au détail (à la livre) (voir Pondermerct).

Marché aux Moules (Place du vieux)

C’était, avant le voûtement de la Senne, une petite place entre la Senne et la rue des Bateaux, à côté du Marché au Poisson. Outre les moules, on y vendait officiellement le poisson avarié que les syndics du Marché au Poisson avaient écarté.

Marché aux Œufs

Fut institué en 1360 dans la rue des Foulons (alias Lombard). Il n’avait lieu que le vendredi. Il semble avoir disparu au 16e siècle au profit du marché au beurre.

Marché à l’Orge

Le gersemerct s’est tenu, du 15e au 18e siècle, à la Chaussée (Steenweg) derrière l’église Saint-Nicolas, actuellement rue du Marché aux herbes (qui fut longtemps appelée Gersemerct).

Marché aux Oiseaux

Semble ne s’être jamais tenu ailleurs qu’à la Grand-Place, le dimanche matin.

Marché du Parc (Place du)

L’immense et sinistre esplanade qui s’étend aujourd’hui derrière la place du Congrès a enterré un marché très animé, qui au siècle passé se trouvait au niveau des “Bas Fonds”, quinze mètres plus bas que la place du Congrès, à laquelle il était relié par un double escalier monumental.
Le 4 mai 1853 le Conseil communal décida que “le marché à construire dans les bas fonds de la rue Royale portera le nom de Marché du Parc” et que “les maisons de la rue Chemin de Terre à front de ce marché appartiendront à la nouvelle place”. Et le journal “L’Indépendance” écrivait : “Ce quartier mal famé va disparaître sous des constructions élégantes, car l’établissement du marché implique l’élargissement des rues voisines, pour la sécurité des communications”.

Malgré cet environnement très populaire et même populacier, le Marché du Parc eut le privilège d’approvisionner la clientèle plutôt aristocratique du “haut de la ville” : rue Royale, rue Ducale, rue de Louvain, treurenberg, etc. On y entendait parler le français beaucoup plus couramment qu’aux marchés du bas de la ville. Même les servantes s’ingéniaient à y faire de leur stoef en interpellant en français les maraîchers, de braves paysans de Schaerbeek, Helmet ou Evere.
Les échoppes de plein air y étaient garnies réglementairement de “fruits, légumes et primeurs” ; mais on débitait aussi de la viande, du beurre et du fromage dans un “marché couvert” qu’abritaient les deux grands pavillons massivement construits de part et d’autre des escaliers monumentaux de la place. (Ces pavillons devinrent plus tard, l’un, le dortoir de l’Œuvre de l’Hospitalité, dit “Asile de Nuit”, l’autre le magasin de réserve des grands décors du théâtre de la Monnaie, c’est-à-dire le cimetière de tous les opéras qui n’eurent jamais de reprise).
C’est au Marché du Parc que pour la première fois au monde on avait vu des grappes de raisin frais en plein hiver : elles y avaient été apportées en 1860 pat un paysan de Hoeilaert, Félix Scohie, qui avait eu l’idée de cultiver la vigne en serre chauffée. Et depuis lors le Marché-du-parc était resté le seul où le famille Scohie, enrichie, consentait à vendre de temps en temps une petite partie de sa production succulente mais chère (2 francs le kilo !) lorsque ses exportations vers Londres, Paris et Nice n’absorbaient pas tout.
C’est aussi à ce marché “chic” que le cultivateur schaerbeekois De Koster apporta en 1876 un légume inconnu, qu’il avait inventé : la chicorée-witloof.
Le Marché du parc, fermé pendant la guerre de 1914-1918, ne reprit pas vie. Il fut rasé en 1957, avec tous les “Bas Fonds”, pour les énormes besoins bureaucratiques de l’État. Le roi Baudouin était venu en mai 1956 y poser la première pierre de “la Cité administrative”, entouré du président de la Chambre Camille Huysmans, du Premier ministre Van Acker et du ministre des Travaux publics Van Audenhove. Les discours ministériels furent plusieurs fois interrompus et hués par les habitants expropriés.

Marché aux Peaux (Rue du)

Les ruines de cette venelle démolie en 1968 sont encore visibles, entre le Marché aux Herbes et la rue des Bouchers, à laquelle elle était reliée que par l’étroite rue d’Une Personne.
Percée en 1795, elle reçut d’abord le nom de rue des Veaux, parce qu’il s’y tenait un marché aux veaux. Le marché aux peaux s’y tint ensuite, jusqu’au milieu du 19e siècle. Précédemment il était installé rue au Suif, entre les rues des Fripiers et de la Fourche (site approximatif de l’actuelle rue Grétry).

La rue du Marché aux Peaux a eu deux cabarets célèbres : L’Enfer, meublé de cercueils, de catafalques, de tentures noires et à peine éclairé de quelques cierges lugubres, et, au coin de l’impasse de la Tête de Bœuf, La Diligence, bruyant et joyeux estaminet hanté par des générations d’étudiants et établi dans une grande maison de 1698. Les diligences Bruxeles-Louvain y avaient leur départ. Dans les années 1950 encore, de petits orchestres de jazz, notamment celui de Jean-Jacques Laydy, y faisaient des improvisations et les anciens étudiants nostalgiques y payaient des tournées. Un autre café, plus calme, Chez papy, était le rendez-vous des étudiants impécunieux, car on y obtenait de longs crédits.
Dans les années 1950, à l’entrée du Marché aux Peaux, le restaurants Caroline faisait face aux sombres bureaux de l’Office National du Placement et du Chômage.

Marché aux Pigeons

Existait au milieu du 18e siècle à la place de la Monnaie, mais son existence semble avoir été courte.

Marché au Poisson (Rue du)

Au cours des âges, il y a eu au centre de Bruxelles quatre marchés au poisson successifs. le premier en date, dont nous n’avons aucune image, fut concédé en 1289 par le duc Jean 1er à la corporation des poissonniers, le long du marché-aux-Herbes, entre la Grande Boucherie (derrière la Maison du Roi actuelle) et la rue de la Montagne. Ce n’était qu’une suite de baraques de bois et de tréteaux. Il dura jusqu’en 1604, date où les archiducs Albert et Isabelle le firent transférer au bord de la Senne, au coin des actuelles rues du Marché aux Poulets et de la Vierge Noire. La gilde des poissonniers y fit édifier une maison somptueuse, ainsi qu’une galerie coudée et une belle fontaine.

En 1825, ce marché fut considérablement prolongé vers le nord, le long de la Senne, jusqu’à la rue de l’Évêque. Le voûtement de la Senne fit disparaître ce marché et ses entours sordides. On y construisit les Halles, dans le pavillon nord duquel les poissonniers trouvèrent refuge de 1874 à 1884. C’est en 1884 que fut inauguré en grande pompe le grand Marché-au-Poisson, érigé à côté de l’église Sainte-Catherine, à l’emplacement du vieux bassin des Marchands, comblé peu d’années auparavant. Ce marché fut rasé en 1955 et non remplacé.
Notons que la moitié occidentale de l’actuelle rue du Marché aux Poulets s’est appelée rue du Marché au Poisson, depuis la fin du 17e siècle jusqu’en 1851. Cette rue du Marché au Poisson allait de la rue Sainte-Catherine à la rue du Fer (boulevard Anspach).

Marché aux Pommes

Se tenait au 16e siècle entre la Steenpoort et le cimetière entourant l’église de la Chapelle. Ce marché aux Pommes, où l’on vendait aussi d’autres fruits et des légumes fut transféré en 1626 à la Place des Wallons.

Marché aux Pomme de Terre

Ce nom fut porté à la fin du 18e siècle par le Quai des Poissonniers, devenu la rue des Poissonniers.
Il y a eu à partir de 1828 un autre Patâtemet, rue du Grand-Hospice, en face de cet établissement.

Pondermerct ou Pongelmet (Marché à la Livre)

On nommait ainsi, aux 15e et 16e siècles, le tronçon de l’actuelle rue des Éperonniers entre la place Saint-Jean et le Marché-aux-Fromages. Ce nom provenait de ce qu’on y débitait le grain par petites quantités, à la livre (pond), ce qui n’était pas le cas de la Halle au Blé toute proche. La prononciation populaire de ce mot a donné lieu à différentes graphies, telles que Pondel, Pongel, Ponder. Une traduction française donne même Marché du Pongelmart. Ce marché fut aboli au début du 17e siècle et l’endroit fut dénommé rue des Marais puis rue du Marais-Saint-Jean, à cause de la proximité de l’hôpital Saint-Jean, à côté duquel se trouvait une petite pièce d’eau, vestige d’un marais plus grand dans lequel jadis on noyait les femmes adultères (d’après Puteanus).
La rue du Marais Saint-Jean devint en 1845 un simple prolongement de la rue des Éperonniers, et l’on donna le nom de Saint-Jean à une rue nouvelle percée à travers les démolitions de l’hôpital.
Il y a eu également un Pondermerct à la rue des Foulons (alias du Lombard) ; il est mentionné en 1587 et en 1595, mais semble ne pas avoir atteint le 17e siècle.

Marché aux Porcs

Avant 1851, l’actuel quai aux Barques se nommait Ancien Marché aux Cochons. Tous les plans antérieurs le désignent ainsi. De fait, le marché aux Porcs se tint là au bord de l’eau, aux 16e et 17e siècles. Il fut transféré en 1660 dans une rue voisine, que l’on désigna dès lors par Nouveau Marché aux Cochons et qui est l’actuelle rue du Marché aux Porcs.
Au coin du Marché aux Porcs et du quai aux Briques on peut encore voir une grande maison bâtie en 1680, très caractéristique de l’architecture brabançonne de cette époque.
Cette maison , appelée le Cheval Marin, faisait face à la maison des Barques ou Veerhuys (ferry-house en anglais), située à l’articulation du quai aux Briques avec l’ancien et le nouveau Marché aux Porcs. Elle était une sorte de gare fluviale qui réglait les services réguliers des barques pour les voyageurs vers Malines et Anvers.
Ce service de barques, aujourd’hui oublié, a fonctionné depuis la création du canal (1561) jusqu’en 1836, époque où le chemin de fer lui fit une concurrence mortelle.
Au 17e siècle, les “billets de voyage” qu’on prenait à la Veerhuys coûtaient 10 sous pour Anvers (un sou valait encore un sou, c’est-à-dire un vingtième de livre, et la livre est devenue le franc : mais ce dernier vaut aujourd’hui 450 fois moins qu’à ses origines…). Il y avait deux départs par jour pour Anvers, et trois pour Vilvorde. En outre, tous les lundis, à 8 heures, une barque quittait la Veerhuys à destination des contrées lointaines : Tamise, Ruppelmonde, Termonde, Gand.
Tous les quatorze jours, à savoir un mardi, à 10 heures, on assurait à la Veerhuys un départ encore plus sensationnel : Goes, Flessingue et Middelburg en Zélande.

Marché aux Poulets
Le premier marché aux poulets semble avoir été installé à la rue de la Violette, au 15e siècle. Elle est d’ailleurs mentionnée en 1452 sous le nom de Hoedermerct, marché à la volaille. Un autre marché aux poulets a fonctionné rue des Veaux au 18e siècle. Mais le principal et le plus durable des marchés aux poulets fut celui dont la rue porte encore ce nom. Toutefois il n’eut jamais la longueur de la rue actuelle, dont la moitié occidentale s’est d’ailleurs nommée rue du Marché au Poisson jusqu’en 1851. On a en tout cas cessé d’y vendre des poulets depuis l’arrêté du 30 ventôse an X (1802).

Marché aux souliers

Au 14e siècle le marché aux souliers se tenait le long du ruisseau bordant le Steenwegh, aux environs de l’actuelle rue du Marché aux Herbes. Ce marché aux souliers a même donné son nom au ruisseau, qui est mentionné en 1359 sous l’appellation de Scoenbeke ou Rivus Calcearorium (tandis qu’en amont ce ruisseau était nommé Coperbeke).
Les cordonniers et savetiers y disposaient de vingt échoppes, pour la location desquelles ils payaient au duc une redevance annuelle.

Marché aux Toiles

Nom souvent donné vers 1830 au marché au Lin.

Marché aux Tripes

Jusqu’en 1853, le tronçon supérieur de l’actuelle rue du Marché aux Herbes, entre la petite rue des Bouchers et la rue de la Montagne, s’est appelé Marché aux Tripes (en flamand Pynsmerct ou Pensmerct).
Les tripiers y avaient obtenu en 1391 des emplacements pour quatre échoppes, non loin des étals du premier marché au poisson. En 1522 ils étaient devenus envahissants et les habitants de la Chaussée se plaignaient des odeurs fortes que répandaient leurs pensen : on limita alors leur espace au moyen de bornes en pierre. mais en 1796 les autorités françaises jugèrent ces odeurs “offusquantes”, et par arrêté du 27 germinal an V les tripiers furent contraints de se retirer dans une rue plus populaire : la Petite rue des Bouchers, où ils étaient encore concentrés au milieu du siècle dernier.

Marché aux Veaux

Au Moyen Âge, un marché aux Veaux, distinct du Marché aux bestiaux, se tint, une fois par semaine, au Scoenbeke (actuel Marché aux Herbes) ; il s’appelait Kalvermerct.
Un tel marché se tint aussi autour de l’église Saint-Géry, au 18e siècle. Dans un almanach de la Cour de 1768, nous lisons que l’avocat Vanden Clooster recevait les plaideurs dans son cabinet du marché aux veaux à la Grande Île.

Marché à la Viande

Le commerce de la viande ayant toujours été strictement surveillé, il n’était permis d’en vendre qu’à la halle à la viande, ou “Grande Boucherie”, bâtie dès 1276 (et peut-être plus tôt) à front de la Chaussée, derrière la halle au pain ou Broodhuys (dite Maison du Roi). Elle se composait de petites habitations, au rez-de-chaussée, données en location aux bouchers ; la halle de vente se trouvait à l’étage. Au cours des siècles, ce vaste bâtiment fut maintes fois rebâti. Le dernier s’effondra en 1917, mais il était désaffecté.
En 1702 avait été édifiée une deuxième boucherie, dite “Petite Boucherie”, place de Bavière (actuelle place de Dinant). Elle fut transformée en 1755 en salle de concerts.
En 1847, il y avait à Bruxelles sept boucheries autorisées : la grande Boucherie, celles des Récollets, des Madelonnettes (rue des Fripiers), des Brigittines (dans l’ancienne église), du Grand Sablon, de la rue de Louvain et de la rue aux Choux.
En sa séance du 1er mai 1847, le Conseil communal autorisa pour la première fois la vente de la viande fraîche dans des magasins particuliers, mais seulement dans les rues “où la circulation d’air est suffisante”. Le collège échevinal fut chargé de dresser une liste de ces rues salutaires.

Marché aux Vieilleries (ou Vieux Marché)

Déjà au 16e siècle il était question d’un Oude Merct au Fossé-au-Sable, futur rue des Comédiens. Un autre petit marché aux vieilles nippes s’est tenu rue des Fripiers au 18e siècle. Mais le plus important fut certes le “Marché perpétuel aux Vieilleries” que la ville institua en 1640 sur le Voldersbeempt (Pré aux Foulons), future place Anneessens.
En 1831, ce marché ne suffisait plus aux besoins et ses brocanteurs s’installèrent aussi à la Grand-Place, où il était permis, à cette époque, de vendre de tout. Mais en 1849 une ordonnance interdit “tout étal de bric-à-brac sur le Grand Marché”.
Le Vieux Marché du Pré aux Foulons devint alors plus grouillant que jamais et déborda dans les rues avoisinantes, jusqu’à la rue d’Anderlecht. Lorsque fut ouvert le beau boulevard central, on décida d’en éloigner “la pouillerie du Vieux Marché” et de le transférer dans le quartier de la nouvelle rue Blaes.
Le 15 mars 1873, il prenait possession de la Place du Jeu de Balle.

Marché aux Voitures

À partir de 1821 un important marché aux voitures et attelages de tout genre s’est tenu deux fois par an, en mai et en septembre, à la Place d’Orange (qui est devenue en 1830 la place des Barricades). C’était en quelque sorte le Salon de l’Automobile de l’époque. Sa carrière s’est terminée avant 1850, les achats de voiture, neuves et d’occasion, se faisant alors surtout dans la très vaste cour du fameux fabricant d’Ieteren, rue de la Blanchisserie.

Marché à la Volaille

Nom parfois donné au marché-aux-Poulets.